Mathématicien de haut vol spécialisé en économie appliquée, Jean-Pierre Goux a exercé plusieurs années aux États-Unis avant de revenir en France où il se consacre à l’ingénierie dans les secteurs de l’énergie et de l’environnement.
Depuis plus de 20 ans, à travers l’écriture et le projet Blueturn, il construit son rêve de « Révolution Bleue », un terme qu’il utilise pour désigner une prise de conscience écologique globale, un mouvement mondial avec le Bleu pour étendard. Bleu, comme la couleur de notre planète vue depuis l’espace.

Projet Blueturn

En 1996, alors âgé de 22 ans, Jean-Pierre Goux reçoit un livre de son ami d’école d’ingénieur, Michaël Boccara, le futur co-fondateur du projet Blueturn. Titré Clairs de Terre, il s’agissait d’un album photographique de notre planète complété par des commentaires d’astronautes témoignant de l’attrait tout particulier qu’elle exerce sur les voyageurs de l’espace. « À travers ce livre j’ai découvert la beauté des images mais surtout la beauté des mots des gens qui parlent de la Terre après avoir été en orbite. Je me suis dit  “qu’est-ce qui fait que ces gens ont compris quelque chose qu’ici personne n’a compris et qui nous manque ?” ». La réponse résidait dans l’overview effect : L’effet du contraste qu’offre la Terre vue depuis l’espace, un océan de vie face au reste de l’Univers, au vide total et aux conditions les plus hostiles à l’existence. Un contexte unique qui plonge les astronautes dans un état extatique – « quasi-mystique » – d’amour pour la Terre, expliquant dès lors qu’ils reviennent avec une conscience aigüe de sa fragilité et de la nécessité de la préserver.

« Quand on voit la Terre depuis l’espace, on comprend avec ses émotions, sans passer par le cérébral, la relation que l’on a avec elle. On comprend que l’on vit dans un monde fini et que tout est interconnecté. La notion de “Bien Commun” devient intuitive », explique Jean-Pierre Goux.

Application Blueturn

C’est donc avant même les années 2000 qu’a germé dans l’esprit de ce Jean-Pierre Goux, l’idée d’utiliser la puissance des images de notre planète pour faire ressentir l’overview effect auprès du plus grand nombre. Mais impossible à cette époque de concrétiser un tel projet puisqu’hormis la fameuse photographie Blue Marble, prise par les astronautes de la mission Apollo 17 en 1972, aucune image n’existait alors de l’astre éclairé dans sa globalité.

Or Kaplan

Il aura fallu attendre février 2015 et le lancement du satellite DSCOVR de la NASA – situé sur le seul point dans l’espace où la Terre est toujours éclairée, sur l’axe Terre-Soleil – pour qu’enfin nous recevions de nouvelles photographies du globe. Avec Michaël Boccara, Jean-Pierre Goux va alors imaginer comment exploiter ces récentes images pour « générer un nouvel enthousiasme autour de notre planète ». Ensemble, grâce à un travail de modélisation et à la mise au point d’un algorithme capable de combler le manque d’images (le satellite ne prenant que dix clichés par jour), ils parviendront à transformer les photographies de la NASA en une vidéo de la Terre entièrement éclairée, en rotation dans l’espace ; une première dans l’histoire de l’humanité.

Cette vidéo s’auto-actualise perpétuellement afin que nous ayons la vue la plus récente possible de l’astre. Mis à la disposition de tous via l’application Blueturn, ce film de la Terre pouvant être librement utilisé pour tout type d’événement (festivals, expositions, conférences…), déploie pleinement sa puissance lorsqu’il est projeté sur grand écran comme ce fut le cas au Grand Rex à Paris où de nombreux participants, ressortis bouleversés, ont confirmé les intuitions des deux hommes quant au potentiel de ces images pour nous rappeler l’évidence : l’incontestable beauté de notre planète.

Portrait de Jean-Pierre Goux ©DR
Texte : Ambre Allart
Première photo : Blue Marble, prise lors de la mission Apollo 17, 1972
Photos de la Terre : ©NASA
blueturn.earth
Plus d’infos sur l’histoire du projet Blueturn :
TEDxVaugirardRoad avec Jean-Pierre Goux sur Youtube