En octobre dernier, la Maison Taittinger a accompagné Process Editions dans sa mise en valeur de talents émergents à travers un appel à participation ouvert à l’ensemble des photographes, sans distinction d’âge ni de parcours. L’objectif : offrir aux artistes une visibilité au sein de Process Journal, tiré à 10 000 exemplaires et diffusé en novembre, à l’occasion du Mois de la Photo, notamment lors de Paris Photo. Parmi plus de soixante-dix dossiers reçus, les éditions Process et la Maison Taittinger ont retenu la série de Charlotte Audoynaud, « Braver les ronces pour mieux se perdre », dont nous sommes heureux de dévoiler ici quelques images.
C’est une démarche assez répandue que de poser sur son environnement immédiat – la famille, un quartier, des lieux connus – un regard sensible. Si l’exercice se révèle assez difficile, Charlotte Audoynaud réussit à nous toucher avec ses images. Les moments familiaux qui sont montrés ici sont portés par un souffle poétique qui leur confère la saveur d’instants suspendus.
Charlotte Audoynaud inscrit sa série dans un « microterritoire » : un espace-temps précis mais qui apparaît comme hors du temps, façonné autour d’un lieu sauvage où sa famille se réunit depuis la disparition d’un être cher dont la présence continue d’habiter les lieux. La photographe y saisit ses proches dans la nature, composant une fiction documentaire où les vivants rendent hommage aux absents.
Les corps anonymes deviennent les personnages d’un conte visuel, un récit intergénérationnel où s’entrelacent enfance, mémoire et filiation. Chez Charlotte Audoynaud, le conte n’efface pas la réalité : il la traduit, l’adoucit. Chaque image, fragment d’une fable intime, capture herbes, ombres et gestes comme autant de signes de l’évanescence et de la persistance des liens. Ce récit poétique ouvre un monde parallèle, un ailleurs où chacun peut reconnaître ses propres affleurements.







